Financement des écoles privées : la FCPE alerte sur les dérives locales
Alors que certaines écoles privées sous contrat affirment subir une baisse de financements publics, la FCPE tient à rétablir les faits : le cadre juridique du financement du privé n’a pas changé depuis plus de dix ans et il est strictement encadré.
Le financement des établissements privés sous contrat repose sur la loi Debré (1959) et la loi Carle (2009), précisées par la circulaire du 15 février 2012. Cette dernière fixe clairement les règles : le forfait communal doit être identique à celui versé pour un élève du public, calculé uniquement sur les dépenses de fonctionnement liées à l’enseignement obligatoire. Sont exclus : la restauration, les activités périscolaires, la garderie, les animations et toute dépense d’investissement immobilier.
Une commune n’a aucune obligation de financer la scolarité d’un élève dans une école privée située hors de son territoire, sauf exceptions prévues par la loi. Quant aux classes hors contrat, elles ne bénéficient d’aucune aide publique.
Pour la FCPE, les affirmations alarmistes relayées dans certaines communes masquent souvent des revendications contraires à la loi. Le forfait communal ne peut pas inclure de dépenses facultatives, ni de participation immobilière. Toute demande de ce type est illégale.
Ces rappels s’inscrivent dans un contexte où les établissements publics du Morbihan affrontent des fermetures de classes, des suppressions de postes et un manque chronique de moyens. « Dans une période où chaque euro compte, il est essentiel que l’argent public serve l’école publique, conformément à l’intérêt général », souligne la fédération.
Un sondage IFOP réalisé pour le CNAL en janvier 2024 révèle d’ailleurs qu’une majorité de parents, y compris dans le privé, souhaitent désormais recentrer les fonds publics sur le service public d’éducation. Cet état d’esprit traduit un attachement profond à l’égalité républicaine et à la transparence dans l’utilisation de l’argent public.
La FCPE 56 appelle donc les élus municipaux et intercommunaux à la plus grande vigilance, et les parents à solliciter des informations claires en cas de revendications financières de la part d’établissements privés. Le principe reste inchangé : l’argent public n’a pas vocation à financer le privé.
Infos pratiques
Sources officielles
- Loi n° 59‑1557 du 31 décembre 1959, dite loi Debré, relative aux rapports entre l’État et les établissements d’enseignement privés.
- Loi n° 2009‑1312 du 28 octobre 2009, dite loi Carle, relative à l’obligation de financement des communes de résidence pour les élèves scolarisés dans le privé.
- Circulaire n° 2012‑025 du 15 février 2012 (BOEN n° 11 du 15 mars 2012) : Modalités de calcul du forfait communal versé aux classes sous contrat d’association.
- Sondage IFOP pour le CNAL, janvier 2024 : Les Français et le financement public du privé sous contrat.