Dans le rétro, il y a 10 ans : Réguiny, quand les parents ont relevé l’école publique

Mis à jour le 8 avril 2026

Il y a dix ans, la commune de Réguiny franchissait une étape décisive avec la renaissance de son école publique, restée fermée pendant près d’un demi-siècle. Cette victoire n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une mobilisation parentale déterminée, structurée et soutenue par la FCPE. À l’heure où la carte scolaire se fragilise et où les écoles rurales sont sous tension, revenir sur cet épisode éclaire la force du collectif et la nécessité de défendre l’école publique partout où elle vacille.

Il y a dix ans, Réguiny se trouvait à un tournant de son histoire éducative. Pendant près de cinquante ans, la commune n’avait plus d’école publique. Dans un territoire où les communes voisines ne disposaient pas non plus d’offre publique, cette absence constituait une inégalité profonde, pesant sur les familles comme sur l’attractivité du bourg.

Le réveil survient en 2013, lorsque quarante‑deux familles signent une pétition demandant la création d’une école publique. Cette mobilisation, encore fragile, révèle pourtant une aspiration forte : pouvoir choisir l’école de ses enfants. Mais l’engagement public n’allait pas de soi. « certains appréhendent de se positionner publiquement », comme l’explique Maud Le Roscouët, alors présidente de la FCPE du Morbihan. C’est précisément dans ces moments que la FCPE joue son rôle  : offrir un cadre protecteur, recueillir les intentions d’inscription, sécuriser la parole parentale et transformer une inquiétude individuelle en dynamique collective.

La fédération ne se contente pas d’accompagner : elle agit. Elle est présente aux réunions publiques, où il faut rassurer, expliquer, maintenir le cap. Elle est présente au conseil municipal décisif de décembre 2016, où la création de l’école est votée. Elle organise la première réunion des parents de la future école, le 8 mars 2017, pour faire remonter les besoins, les attentes, les interrogations. Elle dialogue avec l’Éducation nationale, jusqu’à obtenir l’engagement que les moyens nécessaires seront fournis. À chaque étape, la FCPE structure, relie, fédère. Elle transforme une demande dispersée en projet éducatif partagé.

En septembre 2017, l’école publique rouvre enfin. Trente‑quatre enfants franchissent le portail d’une école qui n’existait plus depuis cinquante ans. Cette renaissance n’est pas un hasard : elle est le résultat d’une mobilisation parentale déterminée, d’un travail patient, d’une présence constante. Elle montre qu’une école peut revenir là où elle avait disparu, que rien n’est jamais perdu lorsque les familles s’organisent, que l’école publique peut reconquérir des territoires que l’on croyait définitivement abandonnés.

Aujourd'hui, cette victoire locale prend un relief particulier dans un contexte où la carte scolaire se dégrade, où les fermetures de classes se multiplient, où les écoles rurales sont fragilisées. Réguiny démontre qu’une autre dynamique est possible : celle de la reconstruction, de la solidarité parentale, de la défense inlassable de l’école publique. Elle rappelle que l’avenir éducatif d’un territoire ne se décrète pas : il se construit, collectivement, avec des parents qui refusent de renoncer et une fédération qui leur donne les moyens d’agir.

L’histoire de Réguiny porte un message clair : un parent seul doute, des parents ensemble avancent, des parents fédérés gagnent. Dix ans après, cette victoire demeure un repère. Elle rappelle que la constance, la solidarité et l’engagement peuvent changer durablement la vie des enfants. Et c’est cette voie que la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves du Morbihan continue de tracer, avec les familles, pour l’école publique et pour l’égalité.


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